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  • Aude Gauchon

Le burn-out parental




Peut-on faire un « burn-out » à la maison, comme on en ferait un au travail ?

Se mettre à crier en permanence, épuisé(e)) sur nos enfants, alors que l’on s’était promis d’être un bon parent ? Ne plus trouver aucun point positif dans notre vie de famille ? Finir sa journée de travail, et commencer à stresser de devoir rentrer à la maison retrouver ses enfants, à tel point qu’on préférerait partir, tout laisser… ? Oui.

Le burn-out parental existe bel et bien. Il touche autant les femmes que les hommes, investis dans leur rôle de parent. Les études recensent 5% de parents en état de burn-out familial, et 8% seraient en risque élevé. Il peut survenir quelque soit l’âge de l’enfant.

Mais, encore tabou dans notre société, les parents n’osent en parler. Ils se sentent « honteux » d’être dépassé, de ne pas s’épanouir dans leur statut de père ou mère, et gardent le silence.

Libérer la parole de ces parents, les soutenir, les aider à « lâcher prise » est une étape fondamentale pour retrouver du plaisir en famille.


Pourquoi le burn-out parental ?

Pendant longtemps, on ne parlait que de burn-out professionnel. Puis par extension, on a

commencé à observer des tableaux similaires dans le domaine familial.

C’est en fait plus des modifications sociétales, qui petit à petit, ont conduit à une augmentation de la pression exercée sur les parents.

Avec l’augmentation du travail des femmes, il y’a de moins en moins de femmes au foyer, mais parallèlement, les exigences concernant l’éducation des enfants ont énormément augmenté. Il faut donc être performant au travail, performant dans sa vie de couple, performant dans l’éducation de ses enfants...

C’est dans ce contexte que l’on a commencer à observer des tableaux d’épuisement parental.

Qu’est ce qui caractérise le burn-out parental ?

Ni une dépression, ni un baby blues, le burn-out parental peut survenir quelque soit l’âge des enfants.Trois aspects le caractérisent, et la présence de deux de ces facteurs sont suffisants au diagnostic :

1. L’épuisement physique ou émotionnel : le parent est de plus en plus fatigué. Se lever le matin pour s’occuper de ses enfants devient de plus en plus dur.

2. Le détachement émotionnel : le parent s’éloigne de plus en plus de ses enfants. Il attache de moins en moins d’importance à leurs émotions, à ce qu’ils vivent dans la journée.

3. La perte d’épanouissement au niveau familial : le parent se rend compte qu’il n’est pas le parent qu’il souhaiterai être, ce qui peut engendrer une grande culpabilité. Il ne prend plus plaisir à être en famille.

Le burn-out parental se limite à la sphère familiale, au fait d’élever les enfants. Pour les parents exerçant une activité professionnelle, le travail est souvent une échappatoire.


Les facteurs de risque


Le burn-out parental a d’abord été décrit, et a fait l’objet d’études, dans les familles ayant un enfant avec un handicap ou une maladie invalidante. Effectivement, les problèmes de santé, que ce soit personnel ou de nos enfants impactent notre moral, et favorise le burn-out.

L’isolement familial, ainsi que les familles monoparentales, l’incohérence éducative entre les 2 parents sont aussi des facteurs de risques. De même, les faibles revenus, avoir peu de temps pour ses loisirs personnels peuvent conduire à l’épuisement.

Au niveau personnel, avoir des exigences élevées concernant l’éducation de ses enfants, une faible estime de soi, une difficulté à gérer des émotions, et un besoin de contrôle élevé sont autant de facteurs prédictifs de risque de burn-out.


Comment s’en sortir ?


Le mieux est de réagir dès les premiers signes annonciateurs. Il faut oser en parler. Il existe des sites internet, des lieux de paroles pour aider les parents en souffrance. En parler est déjà un premier pas. Se faire aider également, par son conjoint, sa famille, ses amis. Il faut sortir de son isolement.

Bien souvent, ce sont des parents très investis initialement, qui se mettent une pression énorme pour être un bon parent. Mais les parents parfaits n’existent pas. Il faut accepter nos imperfections. Il va donc falloir apprendre à lâcher prise !

Peut-être pouvons-nous faire des concessions sur le ménage, limiter les activités extra-scolaires de nos enfants, se faire de temps en temps des journées pyjamas en famille le dimanche ? Apprendre à rééquilibrer les différents versants de sa vie : loisirs, temps en couple,

travail, temps avec nos enfants, en apprenant à se dégager du temps pour soi, permet de souffler. Pourquoi pas une activité sportive un soir dans la semaine, un dîner en amoureux, tous les quinze jours, une sortie en famille tous les mois ? En poursuivant au même rythme, avec les mêmes exigences, sans aide, les choses ne pourront pas s’améliorer.








Pour approfondir :


- https://xn--parentbout-m4a.be/


- Le livre de Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam : Le burn-out parental


- L’application du Dr Mood, à l’aide d’un questionnaire, permet de savoir si nous sommes en burn-out parental. Il nous dit également, en fonction de notre profil, si nous sommes à risque ou non de burn-out, ce qui peut aider des parents à prendre les devants et modifier leur mode de fonctionnement familial avant l’apparition de symptômes.

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